Au Burundi 50% de la population a moins de 15 ans

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Le Burundi est l’un des plus petit pays d’Afrique, 10 millions d’habitants dont la moitié à moins de 15 ans. Le pays dont l’histoire est jalonné de violence est classé 180ème sur 187 de l’indice de développement humain.

1962, la colonie belge Rwanda-Urundi se scinde en deux c’est l’indépendance, le Burundi est né.

Les deux principales communautés sont, les Hutus et les Tutsis, les Tutsis ne représentent que 15% de la population tandis que les Hutus avoisinent 85%. Les Tutsis ont été favorisé par les belges pendant la colonisation, ce qui exacerbera les tensions entre ces deux groupes qui parlent pourtant la même langue, le Kirundi.

1972, Michel Micombero, un Tutsi à la tête du pays.

Des rebelles Hutus tentent de prendre le pouvoir et massacrent des milliers de Tutsis, en représailles l’armée dominée par les Tutsis massacre à son tour entre 100 000 et 300 000 Hutus.
25 ans après l’indépendance, le pouvoir est toujours aux mains des Tutsis, Pierre Buyoya devient président après un coup d’état. Un an après, des rebelles Hutus tuent de nouveau des Tutsis et de nouveau la riposte de l’armée sera sanglante, au moins 20 000 personnes tuées dont une majorité Hutus.

1993, Melchior Ndadaye, un Hutu, devient le premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance.

Il nomme une femme Tutsi premier ministre et incarne alors l’espoir d’une réconciliation nationale mais il est assassiné 103 jours après, lors d’un coup d’état. Cette fois, le Burundi bascule dans la guerre civile. Des milliers de Burundais fuient dans les pays voisins, des responsables politiques Hutus se radicalisent et entrent en rébellion, ils fondent le conseil national pour la défense de la démocratie le CNDD-FDD dont sera issu l’actuel président, Pierre Nkurunziza.

6 avril 1994, l’avion du président Rwandais Juvénal Habyarimana est abattu au-dessus de l’aérodrome de Kigali.

A son bord se trouvait également le président Burundais Cyprien Ntaryamira, un Hutu. Cet attentat marque le début du génocide au Rwanda, il fera au moins 800 000 morts à majorité Tutsis et des Hutus modérés. Le Burundi est toujours plongé dans le cycle infernal des massacres, rebelles Hutus contre armée Tutsi, les charniers se multiplient à travers le pays.

Carte du Burundi
Carte du Burundi

1996, Pierre Buyoya revient à la tête du Burundi et entame des négociations avec les groupes rebelles.

Celle-ci aboutissent en août 2000 sous l’égide de Nelson Mandela aux accords d’Arusha qui annoncent la fin de la guerre civile, le bilan de cette décennie sanglante est effarant, au moins 300 000 morts et 800 000 exilés.
Le texte d’Arusha pose des garde-fous pour stabiliser le pays, le pouvoir est équitablement partagé entre Hutus et Tutsis grâce à des quotas dans l’administration publique et dans les forces de sécurité, les ex-rebelles intègrent l’armée nationale. Fini le maquis, le CNDD-FDD devient un parti politique, son leader Pierre Nkurunziza  est élu président par le parlement post transition, il obtient la reddition des derniers groupes rebelles, la paix, enfin.

2010 – 2015, c’est de nouveau Pierre Nkurunziza qui s’imposera à la tête du Burundi en 2010.

Cette fois, Pierre Nkurunziza sera élu via le suffrage universel, une partie de l’opposition dénoncera des fraudes massives et des violences post électorales feront une dizaine de morts.

Avril 2015 à Bujumbura, la violence est de retour. Objet de la colère des manifestants, la tentative du président Nkurunziza de briguer un troisième mandat.

Pierre Nkurunziza déchaine alors contre lui des membres de la société civile, de l’église catholique et des opposants. Les contestataires sont aussi bien Hutus que Tutsis, la question ethnique n’est donc pas au cœur de la crise. Tous dénoncent une violation de la constitution et des accords d’Arusha qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels, mais surtout les manifestants craignent qu’une fois bafoués, ces accords ne fassent plus loi pour garantir la paix dans le pays. Les affrontements dans la capitale feront des centaines de morts.
Pierre Nkurunziza, lui, considère n’avoir été qu’une seule fois élu par le peuple en 2010 et non deux, il refuse donc de retirer sa candidature. Dans son camp et dans l’armée la fronde gronde. Le 13 mai, sont ancien chef d’état-major et ancien compagnon d’arme, le général Godefroid Niyombare tente de le renverser, le coup d’état échoue, Nkurunziza est réélu le 21 juillet lors d’un scrutin boycotté par l’opposition. Le dialogue politique piétine et peu à peu la contestation prend des allures de guérilla, plusieurs personnalités sont assassinés, des armes circulent dans les quartiers contestataires de la capitale où s’affrontent jeunes et forces de l’ordre.

Le 11 décembre 2015, les habitants de Bujumbura découvrent incrédules des dizaines de corps dans les rues.

La veille, des insurgés avaient pris d’assaut trois camps militaires, les assaillants sont finalement repoussés, la répression une nouvelle fois sanglante. Le spectre de la guerre civile plane désormais sur le Burundi selon les nations unis.

Sources : Le Monde, Vice News