Bilan de la loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics

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Voilà  maintenant 5 ans que les fumeurs ont été contraints à aller dehors pour assouvir leur besoin de nicotine. Quels sont les impacts de ces mesures "anti-tabac" ?  

La premières loi restreignant les possibilités de fumer dans les lieux publics, la loi Evin, date de 2001. Elle a été complétée par une mesure, en vigueur depuis février 2007, interdisant de fumer dans les entreprises, les administrations, les établissements scolaires et les établissements de santé. Cette mesure s'est étendue un an après aux lieux de convivialité tels que les cafés, restaurants, hôtels  et les casinos.   


Tous les non-fumeurs s'accorderont sur le bénéfice apporté par ces mesures. Victimes du tabagisme passif, ils ont en effet retrouvé des espaces de sociabilité et de convivialité sans les désagréments engendrés par la fumée de cigarette.  La loi a en effet été globalement respectée, sans entraîner une chute de fréquentation des cafés.


Cependant, les résultats escomptés n'ont pas tous été atteint.


D'un point de vue médical, ces interdictions visant une meilleure santé publique sont bien sûr une avancée. Une évaluation des bénéfices de l’interdiction de fumer suite au décret de novembre 2006 et publiée en 2008 par l'Office Français de prévention du Tabagisme (OFT) montrait qu'en l'espace de quelques mois l'incidence des infarctus du myocarde chez les sujets de moins de 65 ans auraient baissé de 15%. Ceci dit, le nombre d’infarctus liés au tabagisme actif a très peu baissé et le nombre annuel de décès liés au tabac reste stable : 60 000 personnes par an selon la Ligne contre le cancer.

Côté consommation, le bilan est mitigé. Bien que la consommation des fumeurs quotidiens ait diminué de 1,5 cigarette en 5 ans,  passant de 15,3 cigarettes en 2005 à 13,8 en 2010, ils sont plus nombreux à fumer. En effet, ils représentaient en 2005 28% de la population française âgée de 18 à 75 ans. Ils sont 2% de plus en 2010.  

Ce qui a le plus changé relève de l'image symbolique de la cigarette. Selon Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme (CNCT), le produit serait "dénormalisé". Il  est plus facile pour les non-fumeurs de faire accepter de nouvelles règles aux fumeurs. Ainsi, selon  l'Office français du tabagisme, près de 53% des foyers ayant au moins un fumeur à la maison sont devenus des domiciles sans fumée.

 

Sources : www.oft-asso.fr ; INPES