3 australiens de Forest Rescue Australia sont arrêtés

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Dans la nuit de samedi à dimanche, 3 australiens membres de l'ONG Forest Rescue Australia qui pourchassent les baleiniers japonais dans l'océan Austral sont parvenus à monter à bord d'un navire de surveillance avant d'être arrêtés.

Ils ont approché le Shona Maru No.2 dans un canot pneumatique et se sont hissés à bord dans la nuit de samedi à dimanche, à quelque 16 milles nautiques (26 kilomètres) des côtes occidentales de l'Australie.

Ils sont "retenus prisonniers à bord", selon l'association écologique américaine Sea Shepherd (Berger de la Mer) qui harcèle et pourchasse les baleiniers japonais avec ses propres navires. L'Agence des pêcheries japonaise a confirmé la présence sur le Shona Maru No.2 de trois Australiens, en cours d'audition par des officiels japonais.

Tandis que dans capitale australienne Canberra, on s’active pour les libérer, Tokyo a de son côté demandé à Canberra d'intensifier ses efforts pour empêcher le harcèlement des baleiniers japonais par les écologistes.

Les écologistes ont subi un sérieux revers jeudi lorsque la coque d'un de leurs bateaux, le Brigitte Bardot, s'est brisée et que son autre navire, le Steve Irwin, a dû se dérouter pour aller à son secours.

La coque du Brigitte Bardot s'est fracturée lorsqu'elle a été heurtée par une grosse vague en poursuivant le navire-usine japonais Nisshin Maru dans des creux de six mètres, à quelque 2.400 km au sud-ouest de l'Australie.

Le Japon organise des campagnes de chasse à la baleine au nom de la "recherche scientifique" sur les cétacés, exploitant une tolérance de la Commission baleinière internationale (CBI) pour ce type de pêche. La CBI interdit toute pêche à visée commerciale depuis 1986.

Les pays protecteurs des baleines et les défenseurs de l'environnement dénoncent cette pratique comme une chasse commerciale déguisée.

Ce n'est pas la première fois que des activistes anti-pêche à la baleine grimpent à bord du Shonan Maru N°2: le Néo-Zélandais Pete Bethune y était monté lors de la campagne de 2009/2010, avant d'être arrêté, amené au Japon, jugé et condamné. Il avait été libéré après avoir passé cinq mois en prison.

Nicola Roxon a indiqué que Canberra avait demandé, via le canal diplomatique, à parler avec les trois personnes arrêtées, mais «ça ne s'est pas encore fait».

«Nous sommes en discussion et nous espérons avoir l'opportunité, très bientôt, de nous assurer de leur sûreté et de leur bien-être», a-t-elle déclaré. L'arrestation s'est produite dans la zone économique exclusive de l'Australie, mais pas dans les eaux territoriales australiennes, a-t-elle relevé.

«Cela ne nous donne pas le droit automatique d'appliquer la loi australienne», a dit la ministre. «En fait, l'information légale dont nous disposons dit que c'est vraisemblablement la loi japonaise qui s'applique».

Depuis quelques années, les baleiniers japonais qui pêchent dans les eaux glacées de l'Antarctique ont notamment été perturbés par des commandos de Sea Shepherd.

En février dernier, Tokyo avait pour la première fois écourté d'un mois sa campagne baleinière, après avoir totalisé un cinquième seulement des prises espérées. Les autorités japonaises ont évoqué des perturbations provoquées par l'association Sea Shepherd pour expliquer cette déconvenue.

Les bateaux ont profité de l’obscurité pour s’approcher et leurs trois occupants ont réussi à passer sans encombre par-dessus le bastingage, malgré les fils barbelés et les clous qui le protégeaient.

Ils avaient un message à faire passer: "Ramenez-nous à terre et sortez des eaux australiennes."

Aujourd’hui, l’agence Kyodo News cite des sources gouvernementales et affirme que les trois australiens vont être libérés et remis aux autorités australiennes. Le gouvernement japonais a aussi indiqué que les 3 militants écologistes ne seraient pas poursuivis en justice étant donné qu’aucun membre d’équipage n’a été blessé au cours de l’incident.

Communiqué de Forest Rescue

Nous sommes venus de toutes les forêts d’Australie pour venir en aide aux baleines et interdire leur chasse au sein des eaux territoriales.

Nous sommes tous Australiens et nous sommes montés à bord du navire japonais Shonan Maru #2 alors qu’il était dans les eaux territoriales australiennes, à une position de 32°0’S et 115°21’E. Cette action a été entreprise car ce navire de chasse à la baleine ne respecte pas les lois australiennes et se situe dans nos eaux territoriales sans l’accord préalable de la Cour Fédérale de l’Australie et contre la volonté des citoyens.

"Nous sommes montés à bord de ce bateau car notre gouvernement n’a pas respecté ses engagements; lors de la campagne électorale, on nous avait promis que la chasse à la baleine serait désormais interdite dans l’Océan Austral", a déclaré Simon Peterffy.

Forest Rescue a décidé de faire le nécessaire pour empêcher le Shonan Maru #2 de poursuivre le Steve Irwin jusqu'au sanctuaire des baleines de l’Océan Austral.

Forest Rescue s’est déplacé pour se joindre à Sea Shepherd dans son combat pour l’interdiction de la chasse à la baleine, illégale dans le sanctuaire des baleines de l’Océan Austral.

Notre association Forest Rescue se sent insultée et trouve extrêmement décevant que notre gouvernement autorise des bateaux de chasse à transiter par les eaux australiennes.