
L'eau au Rajasthan au Nord de l’Inde
Les habitants d’environ 1000 villages, aidés par le Tarun Bharat Sangh (qui signifie "Jeune Inde Association") ont construit des structures (bassins) pour collecter l’eau de pluie qui s’infiltre ensuite dans les nappes phréatiques.
Ces installations permettent d’avoir de l’eau potable tout au long de l’année, donnent la possibilité aux hyènes, chacals, singes, léopards, cerfs et même aux tigres de pouvoir se désaltérer, ce qui apporte également de la nourriture.
Malheureusement, l'eau, pillier de l'économie et du développement de l'Inde, représente un enjeu fort pour les industriels et les politiques, qui soutiennent la construction de barrages dont l’eau coûtera 300 fois plus cher.
L'eau dans les régions du Sud
La population locale, trés pauvre, est fortement préoccupée par les récoltes dont le rendement va dépendre de la mousson, mais également des pesticides et autres composants chimiques que peu de personne n’a appris à gérer. Des pratiques agricoles qui contribuent à la pollution des cours d'eau, véritables dépôts à ordures. Le manque d'installations sanitaires renforce cette pollution qui atteint les principaux points d’eau souterrains. C'est une des principales causes de maladies en Inde.
L'eau vers Calcutta (aujourd’hui Kolcata), Est de l’Inde.
Une très grande partie des habitants vivent avec moins d’un dollars par jour et n’a pas la possibilité de traiter l’eau alors que celle-ci leur sert à vivre. Cette eau vient des puits alimentés par les rivières qui sont, comme nous l'avons déjà dit, elles mêmes polluées.
Dans les Slums (bidonvilles) situés autour de Calcutta, il y a même une restriction de la consommation d'eau : elle est rationnée à 5 litres d’eau propre par jours... A tire de comparaison, en France, on en utilise entre 200 et 300 litres par jours par personnes et aux Etats-Unis 800 litres !
Calcutta compte 15 millions d’habitants et peu d’installations sanitaires, c'est le fleuve qui les remplace. 80 % des maladies sont dûes à l’impureté du Gange. C'est le fleuve le plus pollué du monde, il fait plus de victime que toutes les guerres du monde.
L'eau dans la région du Bihâr (région pauvre au nord Est de l’Inde)
Dans cette région des associations ont créés des puits sans avoir fait de réels tests sur l’eau et c'est bien plus tard qu'elles se sont rendues compte que cette eau était polluée à l’arsenic à cause des pesticides pulvérisés sur les champs. Les maladies dûes à l’arsenic ont touchés des centaines de milliers d’hindous et des millions de personnes au Bengladesh.
Dans la région de Gujarat, Ouest de l’Inde
En 20 ans, l’irrigation insensée et les pompages excessifs pour l’agriculture, l’industrie ou la vie quotidienne ont asséché l'ensemble des points d’eau, au point de mener les nappes phréatiques au bord de l’épuisement alors que les moussons capricieuses ne suffisent pas à les recharger...
En conclusion
L’Inde est en grande partie une économie rurale dépendante de la mousson. En 2009, une saison des pluies décevante – la plus faible depuis 1972 – a affecté la production agricole, obligeant à envisager d’importer du riz en 2010, pour la première fois depuis vingt ans.La situation varie selon les régions mais les difficultés sont présentes dans l'ensemble du pays, malgré l'émergence bonnes pratiques.
Non seulement il y a destruction et pollution des nappes phréatiques, mais l’état des eaux de surface est également préoccupant. Les rivières ont beau être considérées comme des divinités en Inde, elles souffrent de prélèvements inconsidérés et de pollutions industrielles et domestiques (rejets d’usines, égouts urbains, pesticides...) qui rendent une bonne partie des ressources fluviales impropres à la consommation. Environ 500 millions d’hommes vivent au bord du Gange : c’est la plus forte concentration d’homme au monde (plus que toute l’Europe) et le fleuve reçoit chaque jours 1,5 milliards de litres d’eau usés. Les poissons y sont immangeables et même parfois les cultures (riz) car il n’y a pas d’installation d’épuration : ce sont des bassins proches, reliés au Gange, qui font office de station d’épuration où les plantes absorbent une partie des impuretés, l'autre partie nourrissant carpes et grandes crevettes qui sont ensuite péchées.
Des solutions ?
Des ONG aident les populations locales en leurs fournissant par exemple des sachets pouvant purifier 20 litres d’eau, en traitant l'eau avec une nouvelle technique par les ultraviolets ou encore en aidant à la découverte d’autres solutions comme le cas des graines de Moriga Oleifera. Les graines de cet arbre du nord de l’Inde, (utilisé dans la tradition indienne de l’Ayurveda et réputé dans le pays pour guérir plus de 300 maladies) filtrent l’eau, attirent et enferment les bactéries et les virus. Les jacinthes d’eau, inventées par un chercheur français, sont un autre exemple. Tout comme la laitue d'eau, elles purifient l'eau car elles se nourrissent des déchets qu'elle contient, elles fixent les polluants et peuvent ensuite servir d’engrais pour les cultures.
Quelques municipalités ont pris des initiatives intéressantes, comme la collecte d’eau de pluie sur les toits à Chennai (ex-Madras). D’autre part, la dynamique société civile indienne a su, localement, mettre en place quelques solutions inventives : bassins de rétention des pluies, assainissement par les plantes, gestion économe de l’eau par les villageois...
Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour améliorer la distribution de l’eau, l’Inde doit d’abord rénover un réseau vétuste, parsemé de fuites et de branchements illégaux, qui peine à suivre la croissance indisciplinée des villes. La gestion de l’eau souffre aussi du fractionnement des responsabilités entre de multiples organismes nationaux, régionaux et municipaux.
Inspiré (entre autre) du Monde Diplomatique



