L'eau, de la raréfaction à la pénurie. Pour ne pas se confronter à une dramatique pénurie de l'eau dans 50 ans, il est urgent d'agir maintenant. Le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) demande à la communauté internationale de reconnaitre le droit fondamental de tout être humain à disposer d'au moins 20 litres d'eau potable par jour, gratuits pour les plus pauvres. On en est encore très loin.
L'eau en quelques chiffres
Près d'1,1 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 2,4 milliards sont privées d'assainissement. Chaque année 1,8 million d'enfants meurent d'infections transmises par de l'eau insalubre. Plusieurs millions d'habitants des bidonvilles la paient cinq à dix fois plus chère que les résidents des zones urbanisées. Près de 450 millions de jours d'écoles sont perdus à ce titre. L' Afrique gaspille 5 % de son produit intérieur brut en raison de ces carences.
Surexploitation des ressources
L'agriculture est la première consommatrice d'eau, avec 80% de l'utilisation mondiale de la ressource, contre 12% pour l'industrie et 8% pour la consommation publique. La surexploitation des ressources, avec l'accroissement des surfaces agricoles irriguées, provoque la baisse des nappes phréatiques et l'asséchement des rivières, épuisant cette ressource indispensable aux 6,6 milliards d'habitants de la planète. Ce sont nos comportements et nos pratiques que nous devons changer, y compris dans les pays riches qui sont eux aussi menacés de pénurie. Les eaux souterraines, qui peuvent mettre des dizaines de milliers d'années à se constituer, sont prises d'assaut au détriment des générations futures. Si l'on prend l'exemple des USA, 1 habitant sur 2 en dépend alors que 50 % des aquifères américains sont en état de stress hydrique. Le réseau mondial de distribution de l'eau accuse des fuites de 30 à 50 %.
Il devient urgent d'accroitre la productivité de l'eau, de recourir à d'autres solutions comme utiliser l'eau de pluie, cultiver des variétés de céréales adaptées aux faibles quantités d'eau (il faut 1 500 litres d'eau pour produire un kilo de blé et 10 000 litres pour 1 kilo de viande) ou encore en développant des techniques d'irrigation économes etc.
Préserver les milieux humides
L'urbanisation et le bétonnage rendent les sols imperméables et provoquent des crues et inondations en aval. Il est impératif (également pour les pays riches) de préserver les milieux humides et de cesser d'entraver le cycle naturel de l'eau. Les pays du nord de l'Europe, bien souvent en avance sur les autres pays en terme d'écologie, ont réduits avec succès l'utilisation de produits phytosanitaires et l'Allemagne est en pointe pour l'utilisation de l'eau de pluie. Le réchauffement climatique a également un effet sur les cours d'eau car il augmente les précipitations en hiver et les diminue en été, ce qui a pour conséquence de réduire l'accumulation de la neige en hiver , donc d'entrainer une fonte au printemps plus précoce et ainsi de modifier les régimes hydrologiques des bassins. Ce sont également les pratiques agricoles qui devront être repensées car la montée des températures l'été entrainera une augmentation de l'évapotranspiration, ce qui aura pour conséquence de faire grimper le taux de concentration des sels minéraux dans l'eau et par conséquent la pollution.

Source : Le monde diplomatique



