Dans la série moteur et voiture, voici une autre invention pour les citadines à découvrir... Bon, c'est pas le même style qu'Audi je vous l'accorde, mais c'est très DD !
Le transport individuel est l’un des principaux facteurs d’émissions de gaz à effet de serre (GES). La réponse des agro-carburants est déjà remise en cause. Alors que les français doivent diviser par quatre leurs émissions de GES d’ici 2050, le renoncement à la voiture telle qu’elle existe aujourd’hui parait nécessaire. La solution, Guy Nègre, un ingénieur motoriste, l’a anticipée : c’est le moteur à air comprimé.
Depuis 1991 Guy Nègre travaille sur un concept révolutionnaire de moteur zéro pollution. Il a créé la société MDI pour concevoir des véhicules à air comprimé : l’AirPod et la gamme Flowair (One, City, Mini et Multi). Le contrat d’exclusivité signé récemment avec le constructeur indien Tata Motors a renforcé la crédibilité du projet.
Une voiture low-cost, utilitaire et propre
airpod
L’AirPod est un transporteur sans permis bourré d’électronique. Il se conduit avec un joystick. Sa puissance est de 5,45 CV et sa vitesse de 45 à 70 km/h, pour une autonomie de 220 km. Avec un carburant à 50 cents les 100 km. Cette microcitadine n’a pas de compresseur embarqué : son rechargement nécessite un compresseur individuel. En système Autolib, un camion recharge le Pod en air comprimé en 2 mn. Le modèle convient à la mobilité urbaine ou aux flottes de véhicules. Un protocole vient d’être signé avec Air France. Le Pod existe en 2 versions : une pour transporter des personnes avec 2 à 4 places et le Pod Cargo - pour les petites livraisons ou le transport de colis - avec une place et un grand coffre. Son coût? 6 000 €.
flowair
La OneFlowair est produite dans les mêmes unités que le Pod. Elle se décline en version 3 à 5 places avec des prix allant de 3500 à 5300 €. Des modèles mini, berline ou mini bus sont prévus. Le véhicule est mono énergie à air comprimé exclusif avec une autonomie de 100 km et vitesse de 110 km/h. Ou bi énergie : une chambre de combustion est ajoutée pour chauffer l’air plus rapidement. L’adjuvant peut-être du gasoil, du bio-éthanol ou tout autre combustible. Alors, son autonomie est comparable à un véhicule traditionnel (900 km) mais sa consommation de carburant (2l/100 km) et d’émission de GES est bien moindre (3 fois moins d’émission de CO2). La recharge en énergie se fait chez soi par une prise électrique, en extérieur sur une borne spécifique et lors des décélérations.
Le Pod et la OneFlowair poursuivent leur développement et les homologations sont en cours. La carrosserie va évoluer avec un intérêt vers le chanvre et la résine écologique.
La production des premiers véhicules verts de MDI débutera fin 2009 à Nice. Le concept de production et de commercialisation est aussi révolutionnaire : des petites usines décentralisées et autonomes pour réduire coûts et empreinte écologique.
Fabriquée à Toulouse
Pour fabriquer et vendre ses modèles, la société MDI envisage de construire des petites unités d'assemblage dans les différentes régions selon une charte commune. Les fournisseurs sont choisis de façon à réduire les coûts, la logistique et le transport. Tous les achats sont gérés à partir de la centrale d’achat MDI et bénéficient de prix consentis pour des gros volumes d’achat. Le concept permet une diminution du pourcentage de CO2 dû aux transports de voitures finies et de matières premières.
Patrick Dupin a obtenu la licence pour l’Andorre et la région Midi-Pyrénées. L’ouverture d’une unité est envisagée à Toulouse courant 2010. Avec un bâtiment de 4500 m² sur 1,5 hectare d’implantation, la structure créerait entre 80 et 90 emplois locaux. L’usine fabriquerait sur place 80 % des composants des voitures et vendrait directement sur les lieux, sans intermédiaire. L'emplacement exact reste à déterminer.
En décembre 2008 plus de 10 000 personnes avaient enregistré leur intention d'achat (une OneFlowair à 40%) sur le site MDI. Une cinquantaine de contrats d’option de licence a été signée dans plusieurs pays. Le stand de MDI au salon de l’auto de Genève qui vient de s’achever fut un succès. « Plus il y aura d’alternatives, solaires, électriques ou autres, plus les choses évolueront rapidement » souligne Valérie Nègre, fille de l’inventeur. Alors, un jour peut-être l’AirPod en Autolib?
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