Il y a déjà eu dans l'histoire de grandes variations de climat, voire même des glaciations. Pourtant l'homme est toujours là ! Pourquoi fait-on tant d'histoires pour une petite différence de température de 2 ou 3 degrés survenue au cours du siècle ?
Saviez-vous que voilà dix mille ans de ça, avec un petit degré de plus en moyenne, la mousson apportait des pluies abondantes sur un Sahara verdoyant ? Il y a 5 000 ans, la température a baissé de ce petit degré : les pluies ont cessé et la désertification s’est installée dans ces régions. Un autre exemple, à la fin du 17ème siècle, il y eu une petite période de refroidissement. La variation a été inférieure à 1 degré en moyenne. Cela a suffi pour que gèle la Tamise. En Hollande, ça a donné l'occasion à Pieter Brogel (ou Brueghel) de peindre ses scènes d'hiver blanc.
Ces 2 ou 3 degrés de plus ou de moins dans nos contrées signifient bien plus dans l’extrême Nord. Ils ont un effet dramatique chez les Inuits dont le mode de vie se trouve bouleversé. Et il en va de même pour la faune de la région. La banquise continue de se dégrader. Par exemple, au Pôle Sud, un iceberg de 120 kilomètres de long - soit l'équivalent de la taille de la Corse - s’est détaché de son glacier. La température au Pôle Sud est de - 30° C et peu aller jusqu'à - 70° C. Une différence de 5 degrés suffirait pour amener une nouvelle période de glaciation. C’est d'ailleurs ce qu'il s’est passé voila 20 000 ans. Une calotte glacière a recouvert le nord de l'Europe, les Etats-Unis, le Canada et le Groenland ; le niveau de la mer a baissé de 120 mètres, l’équivalent de deux étages de la tour Eiffel.
Notre terre est âgée de 4,6 milliards d'années. Il ne nous reste guère de traces de cette époque, tout a été broyé par les entrailles de notre planète en fusion. De nos jours, alors même que la Terre est refroidie, l’écorce terrestre n'a que 50 à 60 kilomètres d’éléments solides : c’est l’épaisseur de la stratosphère. Elle équivaut à peine à celle d’une coquille d’œuf et correspond à la distance de Paris à Fontainebleau. C’est bien peu pour protéger notre planète. Sous cette couche, il y a des roches, du magma en fusion à 4 000 degrés qui se fissure et éclate parfois. Quand la pression se fait trop forte, cela donne des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des coulées de lave. C'est pourquoi la couche de la stratosphère n'est pas très solide.
Il semble, d’après la lecture des roches, qu’une glaciation a eu lieu voila plus de 2 milliards d'années. Puis pendant des millénaires, réchauffements et refroidissements se sont succédés. Toujours est-il qu'il y a de ça 900 puis 700 millions d'années, notre terre n'était plus qu'une grande boule de glace. Des terres glacées puis déglacées qui se succèdent au fil des millénaires. Il faut croire que quelque part, un bout de mer libre, où un peu de vie va trouver refuge, peut-être sous une mince couche de glace, où va s'aventurer un rayon de soleil, car la vie va éclater au moindre réchauffement.
Arrêtons-nous un instant à ce moment précis de notre histoire, celui où la vie va éclore. Les températures sont alors élevées et très vite des paysages, une flore exubérante, d'une richesse extraordinaire, apparaissent. Dans l'eau, les micro-organismes vont donner naissance aux flagellés, un vox, prénobite, ostracoderme, puis les nageoires de celui-ci deviendront pattes, litiostega, et il va, le premier, fouler la terre ferme. C'était il y a 360 millions d'années. Avec les siècles, ces nouveaux venus vont devenir l'archaéoptéryx, qui va s’essayer le premier au vol d'oiseau, et il y arrivera en l'an moins 160 000. Apparaissent à cette époque quelques poids lourds :
• les pacifiques brontosaures, 20 mètres de haut pour 20 tonnes ;
• le diplodocus, long de 30 mètres ;
• le brachiosaure qui lui mesure 24 mètres de long, pour 12 mètres de haut, soit 4 étages, et pèse plus de 50 tonnes ; c’est le plus grand des animaux terrestre ayant existé ;
• le tyrannosaure, 15 mètres de long pour 6 de haut et une puissante gueule armée de deux rangées de couteaux de 20 centimètres ;
• quelques autres oubliés comme l’agressif elasmosaure , le redoutable ptéranodon , un reptile volant de 8 mètres d'envergure , l'anatosaure, pourtant végétarien mais qui ne craint pas une entorse à son régime comme les œufs, le triceratops qui n'aime pas qu'on s'intéresse de trop prés à sa progéniture.
Il faudra attendre encore quelques dizaines de siècles pour qu'apparaisse l'homme. Voila 65 000 ans les dinosaures vont s'éteindre. Réchauffement climatique, éruption volcanique qui sait ? On croit plutôt à la chute sur Terre d'une grande météorite, dont l'impact aurait rendu impossible la survie des espèces.
Presque à l'époque des dinosaures, on a pu également constater la dérive des continents. Jusqu'à 220 millions d'années, tous les continents du globe s'emboitaient pour n'en former qu'un : la Pangée. 30 millions d'années plus tard, portés par les plaques du fond des mers, ces continents ont commencé leurs longs déplacements jusqu'à la configuration actuelle. Ils se déplacent de 3 cm par an. Cela fait seulement une cinquantaine d'années que la communauté scientifique a accepté ces faits : les fonds de nos mers bougent. Certaines contrées, comme en Indonésie, souffrent beaucoup, à cause des éruptions volcaniques et des tremblements de terre.
La dérive de continents. Cette mince couche solide se déplace avec l'énergie intérieure de la Terre.
Il y a 30 millions d'années, l'Antarctique se trouvait aussi éloigné de l'Amérique que de l'Australie. L'activité volcanique a cessé et cet antarctique, enveloppé de couche d'air glacée, va commencer à fabriquer l'enveloppe de glace de 3 kilomètres d'épaisseur qui sera la sienne jusqu'à nos jours. Le continent Africain, détaché, amorce sa remontée vers le nord et 12 millions d'années plus tard c'est la collision avec la péninsule. Il y a 6 millions d'années la méditerranée était un lac. Ce dernier s'est asséché pendant 1 million d'années. Un jour l'Afrique sera collée à l'Europe et il n'y aura plus de méditerranée du tout ! Voici 2 millions d'années, l'Amérique du sud a rejoint celle du nord : fini l'océan unique, plus d'échanges des eaux et d'égalisation des températures.
Il est évident que terre et mer modifient tout et cela va considérablement influencer les courants marins, le relief terrestre et bien sur le climat.
Il y a de cela environ 2,4 millions d'années, voici qu'apparait le proconsul, un genre de primate. Il a évolué de cette manière : australopithèque il y a 2 millions d'années, homo habilis il y a 1 million d'années, pithécanthrope il y a 700 000 ans, swanscombe il y a 300 000 ans, neandertal il y a 120 000 ans puis vers l'an 40 000 ou 35 000 apparaît le Cro-Magnon, ancêtre de l'homme moderne. Tous ont évolué dans un climat agréable. Cependant, la température va ensuite évoluer jusqu'aux grands froids et nos ancêtres seront obligés de migrer vers le sud pour suivre leurs troupeaux qui composaient l'essentiel de leur nourriture. Cette glaciation, datée de 18 ou 20 000 ans, sera particulièrement sévère. Trois kilomètres d'épaisseur de glace vont écraser l'Europe et tout le nord de la planète, jusqu'au détroit de Béring, où il fait moins 30 degrés. A l'époque des tribus venues d'Asie vont traverser à pieds sa mer gelée : ils deviendront les premiers esquimaux. Dans le sud de l'Europe où le climat est plus clément on pourra voir des mammouths et les phoques. Les pingouins viendront s’ébattre en méditerranée et des bœufs musqués venus du Groenland se promèneront sur la côte d'azur.
2000 ans plus tard la température va amorcer sa remontée. La verdure et les forêts vont revenir. Les hommes s'établissent, deviennent éleveurs et agriculteurs. Cette période interglaciaire dure encore de nos jours. Ce sera la naissance de notre civilisation. En Europe les Cro-Magnon étaient vingt ou trente mille quand ils se sont établis. En quelques petits milliers d'années, la population de la Terre se rapportait à 1 million d'êtres ou peut-être plus.
Quelles sont les causes des réchauffements et glaciations ?
La Terre tourne autour du soleil mais elle penche sur son axe. Cette rotation n'est donc pas ronde mais elliptique. Plus la Terre s'éloigne du soleil, plus il fait froid : ce sont les glaciations. Quand elle s'en rapproche, pendant peu de temps c'est le dégel et plus elle est oblique, plus ces pôles rapprochés du soleil se réchauffent (voir la théorie du climat développée au XXème siècle par Vladimir Koppen, météorologue germano-russe, son gendre Alfred Wegener et Milan Kovich, mathématicien serbe). Toutes les études depuis ont confirmés que les migrations de notre planète étaient bien le métronome réglant les glaciations. Ces études ont été celles des courants marins, des strates terrestres, des coraux, des sédiments du fond des mers, des coquillages, de l'eau déversée par les orages. La connaissance des hommes ne cesse depuis de s'accroître. C'est ainsi que les recherches du Marion Dufresne vont connaître un grand succès. Il extrait des mers une carotte de 50 mètres et peu en faire une lecture de dizaines de milliers d'années d'histoire. Avec les avancées technologiques, le matériel de forage se perfectionne. En 1980, dans la station de Vostock, au Pôle Sud, un des endroit les plus froids du monde où il peut faire jusqu'à - 90° C, une équipe de scientifiques soviétiques parvient à extraire de la glace une carotte de 2 000 mètres. Quelques années plus tard une autre équipe remontra une carotte de 3 000 mètres soit 800 000 ans d'histoire. Comment fait-on parler ces carottes de glace ? La moindre modification du climat s'inscrit sur leurs couches superposées. On y trouve le moindre grain de sable venu avec la tempête du lointain Sahara, la moindre trace de la fumée des volcans ayant occultée lumière et chaleur du soleil, etc. A l'analyse, tout cela se fait évident, plus d'erreurs possibles sur la date des évènements.




