Les activités humaines sont la principale cause de l'érosion des sols dans le monde. Agriculture intensive, pollutions industrielles, déforestation, etc. sont les facteurs de l’altération de la composition chimique et physique des sols sous l’effet de l’eau et du vent. Ils finissent par perdre leur capacité nourricière.
On considère un sol dégradé lorsqu’il a perdu une partie de ses fonctions, comme par exemple celles de nourrir les plantes, filtrer les eaux ou abriter une importante biodiversité. Si l’on réunit tous les sols dégradés à différentes échelles, le phénomène atteint environ 2 milliards d’hectares, soit plus de la moitié des surfaces cultivables dans le monde !
Quatre formes majeures d'érosion des sols ont été identifiées, toutes accentuées voire provoquées par l’homme.
L’érosion hydrique des sols
Action par laquelle le ruissellement des eaux de pluies et eaux de surface détachent et emportent les particules présentes dans les sols. L’érosion hydrique s’aggrave avec l’exploitation agricole, car la mise en culture des terres entraine leur assèchement, la diminution de la vie biologique (vers de terre) ou la disparition des feuilles et branchages qui les couvraient. Ce sont ces facteurs qui empêchent la pénétration optimale de l’eau dans le sol et augmentent le ruissellement.
L’érosion éolienne des sols
Dans le cas de l’érosion éolienne, c’est sous l’effet du vent que le sol se délite. Ce phénomène touche surtout les zones péri-désertiques, comme les grandes plaines des Etats-Unis, la frange du Sahel et les plateaux du nord de la Chine. Là encore, l’exploitation de la terre est un facteur aggravant car les sols labourés vont se détacher plus facilement pour être emportés par le vent.
L’altération de la composition chimique des sols
L’altération de la composition chimique des sols peut prendre plusieurs formes. Soit par l’absorption des éléments minéraux présents dans les terres cultivées (azote, phosphate, potassium etc.) qui entraine une baisse de sa fertilité si elle n’est pas compensé par l’apport d’intrants. Soit par l’acidification du sol (acidité naturelle générée par la croissance des végétaux) qui va diminuer son rendement s’il n’est pas rééquilibré. Soit par la salinisation (accumulation de sel) qui est un autre exemple d’altération chimique, provoqué par l’utilisation d’eau légèrement salée pour irriguer. Ce peut également être par le déversement d’eaux chargées en éléments polluants et qui peuvent altérer la composition chimique des sols.
La dégradation des sols par tassement
Ce phénomène physique est provoqué par le passage de lourds engins, agricoles ou autre, et dans une moindre mesure, par le piétinement massif des animaux. Les sols tassés sont moins propices au développement des racines.
Ces quatre facteurs sont cumulables et il est possible d'y ajouter la déforestation qui est liée aux trois quarts à l’expansion agricole. Chaque année se sont des millions d’hectares qui disparaissent et deviennent impropres à l’agriculture ou perdent leurs fonctions d’épuration de l’eau, de régulation des cours d’eau ou encore d’accumulation de carbone.
Le degré de dégradation des sols dépend également de la nature des sols (sable, argile, etc.) de sa situation (soumis aux vents, à l’humidité, etc.) mais aussi au niveau de revenu de la population qui l’exploite. En effet, les pays en voie de développement sont plus touchés que les autres car ils n’ont pas les moyens financiers et techniques pour limiter les effets de l’érosion comme le chaulage (apport de minéraux pour neutraliser l’acidité du sol), le drainage, la mise en terrasse ou encore la culture sous couvert végétal.



