En Chine, des ours à collier, élevés dans des fermes insalubres, sont maintenus en captivité dans des cages toute leur vie afin de leur extraire leur bile.
Pourquoi extraire la bile des ours ?
Utilisé depuis des siècles par la médecine chinoise, l’acide biliaire semble réduire les inflammations, dissoudre les calculs rénaux et traiter les infections du foie comme la cirrhose. La croyance populaire lui prête aussi des vertus aphrodisiaques non prouvées scientifiquement.
Selon l’association One Voice « aujourd’hui, la bile d’ours est de plus en plus utilisée pour fabriquer des produits qui ne sont pas traditionnels ni essentiels comme des shampoings, des boissons, des sirops pour la toux, des crèmes contre les hémorroïdes, du dentifrice, des lotions dermatologiques, des infusions… Ce qu’ils ne disent pas, c’est que derrière ces produits dit « miracle », sans efficacité prouvée, des êtres sensibles sont torturés et meurent du fait de la barbarie et de la cruauté des hommes ».
Pendant le mois d’août, le site Asia One nous informait d’un geste héroïque mais néanmoins désespéré d’une maman ourse qui, voyant sont petit se faire agresser pendant la mise en place du cathéter (ces opérations se déroulent souvent sans anesthésie !), réussit à sortir de sa cage pour lui venir en aide. Voyant qu’elle n’arrivait pas à ouvrir la cage, elle l’a alors étranglé et une fois son petit libéré des souffrances qu’il subissait, sa mère couru à toute allure afin de se suicider en s’écrasant contre un mur.
Comment la bile est-elle extraite des ours ?
La bile est récoltée en faisant un trou permanent dans leur abdomen. Comme le trou n'est jamais fermé, les animaux sont sujets à diverses infections, maladies, tumeurs, cancers et à la mort par péritonite. Incapables de supporter cette douleur, les ours sont souvent équipés d'un gilet de fer, pour qu’ils évitent de se suicider en frappant leur estomac contre les parois. Ce sont des actes de barbarie dénoncés par l’ensemble des organisations mondiales de protection animale et plus particulièrement par l’anglaise Jill Robinson qui tente sur le terrain de sauver le plus grand nombre de ces plantigrades.
Une lueur d’espoir : Jill Robinson et la fondation Animal Asia
En 1993, quand elle est entrée pour la première fois dans une ferme pour ours, elle a assisté à la plus obscène des cruautés qu’il lui a été donné de voir dans sa vie raconte t-elle. Cela l’a rendu malade : des animaux torturés sous ces yeux qui vivaient là depuis 25 ans pour certains, vidés de leur bile pour fabriquer des médicaments. Deux ans plus tard, elle fonde « Animal Asia Foundation » avec la ferme intention de mettre fin à ce marché répugnant. Comment la torture de ces animaux peut-elle être en adéquation avec la nature et l’environnement correspondant au principe de la médecine traditionnelle chinoise ? Les médecins chinois le savent, c’est pourquoi ils se joignent à son combat.
« L’élevage des ours n’a plus sa place dans notre monde civilisé, il peut tout à fait être remplacé par des herbes ou des molécules de synthèses, personne ne va mourir par manque de bile d’ours, c’est simplement inexcusable de faire ça à des animaux en voie de disparition. »
Selon une étude menée par une association chinoise de médecine, 57 remèdes à base de plantes sont capables de remplacer la bile d’ours. Mieux encore, une bile de synthèse est produite en grande quantité par les japonais et est commercialisés dans près de 40 pays, de quoi conforter Jill dans son action.
Au terme d’un très long travail de lobbying, Jill a obtenu en 2000 un accord avec certains membres des autorités chinoises pour pouvoir se rendre dans ces fermes et acheter les ours.
« L’accord stipule la libération de 500 ours et un travail commun pour mettre un terme à cette industrie. Un problème demeure : malgré l’accord de certaines autorités, le gouvernement central n’a donné aucun avis ni aucune date pour l’arrêt définitif de cet élevage. Aujourd’hui nous mettons un accent particulier pour obtenir une échéance fixe. »
Vers une nouvelle vie pour les ours
En arrivant au refuge de Chengdu dans la province du Sichuan, c’est une nouvelle vie qui commence pour ces ours noirs d’Asie arrachés à leurs tortionnaires. 10 hectares ont été aménagés pour eux afin qu’ils puissent réapprendre à vivre normalement une fois rétablis. Libérés de leur minuscule cage ou ils ont passé pour la plupart une vingtaine d’années, ils doivent en priorité être soignés par la vétérinaire de l’association qui dresse alors un bilan médical complet. Ensuite elle pratique l’intervention chirurgicale qui délivrera l’ours de l’instrument de torture enfoncé dans sa vésicule biliaire.
« Notre travail est à la fois réconfortant et triste, vous voyez des animaux dans un état pitoyable qui ont passé 20 ou 25 ans dans une cage rouillée minuscule et avec des trous béants et infectés dans leur abdomen. Quand ils arrivent, ils sont plutôt agressifs mais après quelques semaines, ce sont des animaux tout à fait différents.
Très vite ces ours découvrent ce qu’ils n'ont jamais connus, des relations sociales et une vie en semi-liberté. Le sanctuaire s’agrandit de mois en mois afin d’apporter aux pensionnaires la plus grande diversité d’environnement possible.
Cependant, leur joie de vivre ne doit pas faire oublier qu’au moins 6 000 de leur congénères sont encore détenus et torturés dans les fermes chinoises et vietnamiennes. Jill a donc besoin de soutient pour continuer son action et c’est à Paris qu’elle a trouvé un allié de poids dans son combat, la fondation 30 millions d’amis. Jill et son association ont également l’appui du gouvernement européen.
Encore beaucoup de travail pour sauver les ours.
Le chemin est encore long car le pouvoir centrale en réponse à la demande européenne s’oppose pour le moment à l’arrêt de l’extraction de la bile d’ours.
Toutefois, Jill sait qu’elle peut compter sur la jeune population chinoise de plus en plus sensibilisée à la cause animale, elle sait aussi qu’il en va de l’image que la Chine veut véhiculer dans le monde.
Le site de l’association Animal Asia : http://www.animalsasia.org/
La pétition sur le site 30 millions d’amis : Pétition
Sources : Fondation Animal Asia, 30 millions d'amis et Asia One




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