Cancun, Mexique : Les gouvernements réunis depuis 2 semaines pour la COP 16 à Cancun sont arrivés, ce samedi matin, à un accord provisoire pour lutter contre les changements climatiques en prenant un certain nombre d'engagements.
Les gouvernements ont convenu d'un ensemble de décisions qui favoriseront les discussions au cours de la prochaine année, avec pour objectif, un accord final à l'issue de la COP17 à Durban, en Afrique du Sud.
« Après Copenhague, nous espérions que Cancun verrait naître un accord mondial sur le climat. A l'issue de ces deux semaines de négociations, nous pouvons mesurer des progrès dans de nombreux domaines, il reste cependant encore beaucoup de travail et de grand défis politiques à relever. » a déclaré Gordon Shepherd, Leader de la Global Climate Initiative WWF.
Prorogation du protocole de Kyoto : un processus en marche pour Durban
Alors que la deuxième phase du protocole de Kyoto semblait compromise, un processus a tout de même été mis en place en vue de la COP 17 qui se déroulera l'an prochain à Durban en Afrique du Sud.
Le Japon et de la Russie devront alors faire face à la pression montante de la communauté mondiale concernant la prorogation de ce protocole.
Les Etats ont reconnu qu'il était impératif de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 % d'ici à 2020 pour pouvoir atteindre une limitation de la hausse des températures de 2°C. L'enjeu à Durban sera de taille pour pouvoir garantir ces accords.
Des mécanismes pour lutter contre les changements climatiques
Point fort de l'accord préliminaire établit à Cancun : la création d'un fond vert et la mise en place de mesures de protection des forêts tropicales devant aider les pays en développement à lutter et s'adapter face aux changements climatiques.
« La décision de s'attaquer aux émissions dues au déboisement ne comprend pas tout ce que nous espérions, mais fournit déjà une base solide pour aller de l'avant et une crédibilité au processus REDD » a ajouté Gordon Shepherd. « Mais les négociateurs ont encore beaucoup à faire dans les prochains mois pour obtenir un accord mondial l'année prochaine à Durban ».
Il est impératif que l'Union Européenne et d'autres pays comme l'Inde et la Chine, prennent le leadership pour garantir un accord juridique contraignant. L'UE et les autres pays doivent également accroître leurs engagements d'atténuation pour réduire l'écart entre les émissions actuelles et les engagements pris, afin d'atteindre l'objectif des 2°C.
Les États-Unis doivent s'engager dans un processus clair de réduction de ses émissions de GES et prendre la voie d'une économie d'énergie propre. A Durban, ils devront rejoindre les pays présents et appuyer la mise en place d'un accord juridique contraignant.
Les 194 Etats présents à Cancun doivent maintenant élaborer des plans nationaux pour lutter contre le changement climatique et renforcer ainsi le processus international pour parvenir, l'année prochaine en à un accord significatif.
"Cancun a préservé le processus unosien de négociations. Les générations futures pèsent sur les consciences déléguées des 194 pays présents à Cancun. Un feu vert est donné à des propositions concrètes qu'il va falloir déterminer avant Durban en 2011. C'est pour cela que ce qui devra être réalisé par chaque pays, dont la France, pour atténuer les effets du péril climatique, sera essentiel." a déclaré Serge Orru, Directeur général du WWF-France.




