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Quelles conclusions tirer suite au Sommet de la Terre de Durban ?

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Maite Nkoana-Mashabane, ministre sud-africaine des affaires étrangères et présidente de la conférence de Durban

Le 17ème Sommet de la Terre s’est finalement achevé le 10 décembre 2011. Résultat : un nouvel accord prévoyant d’établir d’ici à 2015 un pacte global de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique. Il concernera tous les grands pays émetteurs, dont les États-Unis et la Chine (non signataires du protocole de Kyoto) et aura une force légale mais ne sera pas juridiquement contraignant.

Fruit d'une négociation entre l'ensemble des parties, cet accord ne répond pas entièrement aux souhaits européens. Néanmoins, il amène une feuille de route pour les 3 années à venir. « On n'a pas sauvé la planète, mais on s'engage sur un accord global », a relativisé, sur France Info, la ministre française de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

Globalement, les diplomates semblent satisfaits. Les 194 pays membres de la convention climat des Nations unies se sont mis d'accord, après 2 jours de discussions intenses, pour s'engager sur l'avenir. Mais l'ambition du nouveau pacte n'est pas réellement annoncée et de nouvelles discussions sont programmées d'ici fin 2012 dans le pays qui produit le plus d'émissions de CO2 par habitant au monde : au Qatar.

Concrètement, peu de résultats !

Si l'accord prévoit d'obliger les plus gros pollueurs (Chine, Inde, Etats-Unis) à prendre des mesures pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, il ne fait pas mention d'une augmentation de mesures pour réduire ces émissions... Alors que les mesures actuelles sont déjà largement critiquées et insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C.

"Le monde reste sur une trajectoire d'un réchauffement supérieur à 3°C avec les conséquences très graves qui en découlent" a rappelé Climate Action Tracker, une organisation qui rassemble des scientifiques, à l'issue de la conférence de Durban. "Les dommages les plus sévères du réchauffement vont être ressentis en Afrique de l'ouest et en Asie du sud. En limitant le réchauffement en dessous de 2°c, l'adaptation coûtera 50 % moins cher que si la hausse des températures atteint 3°C" explique l'organisation, en soulignant que le coût de l'adaptation pour les pays vulnérables sera d'autant plus élevé.

Quant à l'opinion des associations non gouvernementales, elles sont unanimement critiques de l'issue du Sommet. Les propos de Susann Scherbarth, des Amis de la Terre Europe, montrent clairement le manque d'ambition face aux enjeux climatiques : "une nouvelle fois, les négociations climatiques ont échoué à faire de réels progrès pour lutter contre le changement climatique. Le 'paquet de Durban' est un jeu d'illusion sans objectifs réels".

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