Petite séance de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas suivi les derniers évènements à la centrale de Fukushima Daiichi. Il est vrai que nous avons du mal à trouver l’information auprès des chaînes télévisées en ce moment…
30 avril : Un conseiller scientifique du gouvernement japonais, Toshiso Kosako de l'Université de Kyoto, démissionne en larmes en conférence de presse, en accusant le gouvernement de ne pas protéger la population adéquatement des radiations. La décision du gouvernement de relever le seuil admissible de radiation pour les enfants de 1 mSv (millisievert) par an à 20 mSv a été annoncée le 19 avril. Cette décision permet de laisser les enfants jouer dans les cours d'école de certaines villes non évacuées mais fortement contaminées, ayant une radioactivité de 3,8 microsieverts par heure. Ce niveau correspond à celui admis pour les travailleurs des centrales nucléaires. "Je ne peux pas admettre cela", a dit l'expert.
2 mai : Première confirmation de présence de césium et d’iode en eaux profondes. Le ministère de la Science au Japon vient de publier un communiqué stipulant que des concentrations d’iode-131 et de césium-137 avaient été retrouvées en eaux profondes au large de la Préfecture de Chiba. Les échantillons prélevés entre 208 et 582 mètres de profondeur mettaient en valeur des concentrations d’iode-131 de 5.8 à 6.0 becquerels (Bq) par litre et des concentrations de césium-137 de 9.1 à 12.6 becquerels par litre.
Fuites radioactives à la centrale nucléaire de Tsuruga. Cette centrale se situe à 200 km à l’ouest de Tokyo. Très forte concentration d’iode 133 (750 fois plus élevée que la semaine passée) et de xenon-133 : de 5,2 Bq/cm3 (le 26 avril) à 3,900 Bq/cm3 (le 2 mai).
Une capitale alternative pour le Japon ? Le 1er mai, le Premier Ministre du Japon a suggéré qu’il allait étudier la possibilité de mettre en place une capitale alternative en précisant qu’il fallait prendre des mesures pour assurer la continuité des fonctions centrales de Tokyo, la capitale présente. Il s’agit donc bien d’une perspective d’évacuation ciblée, une évacuation pour un certain type de personne… vous me suivez ?
3 mai : Contamination de l’eau de mer excessivement élevée au large de Fukushima. Selon TEPCO, lors d’une prise d’échantillons d’eau de mer, le vendredi 29 avril, à proximité de la centrale nucléaire détruite de Fukushima, les niveaux de contamination radioactive sont de 100 fois à 1000 fois supérieurs à la normale, à une profondeur de 20/30 mètres, pour l’iode-131, le césium-134 et le césium-137. Les échantillons ont été prélevés à 50 km au sud de Fukushima.
* Site 1 : Odaka Ward, Minami-Soma à 3 km des côtes. Iode-131 : 190 becquerels/kilogramme ; césium-134 : 1400 becquerels/kilogramme ; césium-137 : 1400 becquerels/kilogramme.
* Site 2: Iwasawa Beach, Naraha-machi à 3 km des côtes. Iode-131 : 98 becquerels/kilogramme ; césium-134 : 1200 becquerels/kilogramme ; césium-137 : 1200 becquerels/kilogramme.
4 mai : Le réacteur 4 de Fukushima-Daiichi en feu? Aujourd’hui, le 4 mai en soirée, il semblerait que le réacteur n°4 était en proie à plusieurs incendies. Rappelons que le 14 avril 2011, l’expert nucléaire du Vermont, Arnie Gundersen, avait évoqué la probabilité d’incendies dans ce réacteur en raison de la présence de quantités considérables de plutonium.
5 mai : Que se passe-t-il à la centrale nucléaire d’Onagawa ? Le secrétaire du cabinet du Premier Ministre, Yukio Edano, vient de presser TEPCO de mettre en place des mesures de sécurité, dans cette centrale nucléaire qui se situe à 150 km de Fukushima dans la Préfecture de Miyagi, « qui soient acceptables pour la population locale ». Rappelons que lors du tremblement de terre du 8 avril dont la puissance était de 7,6 sur l’échelle de Richter, les systèmes de refroidissement stoppèrent et de nombreuses fuites se déclarèrent dans deux piscines accueillant le combustible usagé et dans d’autres endroits de ces réacteurs.
Les ouvriers ont pénétré l’enceinte du réacteur 1 pour mettre en place un système de ventilation. les travailleurs équipés de combinaisons de protection et de bouteilles d'oxygène, ont franchi l'enceinte du bâtiment afin de mettre en place un système de ventilation destiné à faire baisser le niveau de radioactivité. "C'est la première fois que nos employés pénètrent dans le bâtiment du réacteur depuis l'explosion", a souligné Satoshi Watanabe, porte-parole de Tepco.
Depuis les accidents nucléaires qui se sont succédés à Fukushima, la limite légale de radiations autorisées pour les ouvriers du site en temps de crise a été relevée à 250 millisieverts par an, contre 100 auparavant.
Selon l'opérateur Tepco, ces opérations devraient porter leurs fruits au bout de trois mois, période à laquelle la radioactivité commencera à se réduire. Il faudra en revanche attendre neuf mois au maximum pour que les réacteurs se refroidissent totalement
Césium-137 : la concentration est 38 000 fois supérieure à la norme sur le fond marin près du réacteur n°1. TEPCO a déclaré aujourd’hui que, sur le fond océanique à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima, la concentration de césium-137 est de 87 000 becquerels/kilogramme, ce qui correspond à un niveau 38 000 fois supérieur à ce qu’il était avant le 11 mars 2011. Dans ces échantillons de sol sous-marin (à 30 mètres de profondeur), les concentrations d’iode-131 sont de 52 000 becquerels/kilogramme et les concentrations de césium-134 sont de 90 000 becquerels/kilogramme.
6 mai : Le Premier Ministre Japonais ordonne la fermeture d'une centrale nucléaire proche de Tokyo
La centrale de Hamaoka, dans le centre du Japon, a 87 % de chances d'être frappée par un puissant séisme d'ici à 2040, estiment les autorités, qui ont ordonné l'arrêt de ses activités. Une décision saluée par les anti-nucléaires.
7 mai : Fermeture du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Tsuruga. Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Tsuruga, dans la Préfecture de Fukui, vient d’être fermé par Japan Atomic Power Company (JAPC) suite à de très fortes fuites de xenon-133, d’iode-131 et d’iode-133 dans le système de refroidissement.
Aveu officiel de TEPCO: ils vont relâcher de la radioactivité le 8 mai ! TEPCO vient officiellement d’annoncer qu’ils vont effectivement relâcher de la radioactivité dans l’après-midi du 8 mai. Mais pas de panique, ce ne sera qu’un petit peu, c’est promis, et selon la formule consacrée: « sans risque pour la santé humaine » ! Cette information semble donc en totale contradiction avec l’information-fuite du 1er mai stipulant qu’une grande quantité de radioactivité allait être relâchée par TEPCO. De plus, il n’est nulle part précisé quel sera le niveau de radioactivité libérée.
8 mai : Arrêt de la vidéo permanente sur Fukushima. Rien ne va plus à Fukushima. TEPCO n’a absolument pas apprécié que les blogeurs Américains, Européens et Japonais utilisent sa caméra permanente pour informer le monde entier que des incendies sont en cours depuis plusieurs jours.
9 mai : Niveau extrêmement élevé de radiations au réacteur 1. Hier, lorsque TEPCO a ouvert les doubles portes du réacteur 1 afin d’installer un système de refroidissement, la radioactivité ambiante était de l’ordre de 700 millisieverts/heure. Rappelons, à titre de comparaison, que la dose admissible en France de radioactivité artificielle est de 1 millisievert par année (ce qui est déjà trop). La radioactivité présente dans le réacteur est donc plus de 6 millions de fois supérieure à la norme. Tout va bien. Précisons bien que toute la presse globaliste mondiale n’a fait que reporter une baisse de la radioactivité émanant de Fukushima alors qu’évidemment, c’est tout le contraire. Hier, donc, TEPCO aurait relâché 500 millions de becquerels dans l’atmosphère. Ils en auraient relâché 100 fois plus que personne ne le saurait de toutes manières.
10 mai : TEPCO a relâché dimanche 500 millions de becquerels: confirmation de NISA. L’estimation de NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency) se base sur le niveau de iode-131, césium-134 et césium-137 multiplié par 25 000 mètres cubes, le volume du réacteur 1. Selon NISA, pas de problèmes, ce n’est qu’une petite contamination équivalente à 1/300ème de ce qui a été relâché lorsqu’ils ont donné la permission à TEPCO de libérer 10 000 tonnes d’eau radioactive dans le Pacifique. Cependant, selon le quotidien Asahi Shinbun, le niveau de radioactivité à l’intérieur du réacteur, malgré l’installation du système de ventilation, est resté de plusieurs dizaines de millisieverts/heure à 700 millisieverts/heure. De plus, les employés auraient reçu, durant 29 minutes de travail, une dose de 10.56 millisieverts. TEPCO vient d’annoncer qu’ils vont peut-être changer de stratégie. La situation est malheureusement très claire: personne ne sait quoi faire pour gérer le dossier et les bricolages font suite à d’autres bricolages. TEPCO a déclaré qu’ils vont devoir RALENTIR les bricolages en raison du très haut niveau de radioactivité.
Effondrement du réacteur 4 de Fukushima-Daiichi ? Une autre très grave situation est en cours à Fukushima. Le Gouvernement Japonais vient en effet de confirmer que le réacteur 4 est en train de s’incliner. Cet état de fait est également confirmé par la Télévision Russia Today dans l’interview du Docteur Robert Jacobs de l’Institut de la Paix d’Hiroshima. Celui-ci en profite pour, une fois de plus, sonner l’alerte de l’extrême contamination radioactive dans une ceinture de 80 km autour de Fukushima. Rappelons également que le réacteur 4 contient une gigantesque quantité de plutonium. (Il suffit d’1 kg pour donner un cancer à 7 milliards d’individus et il y en a, entre autres sites, 60 tonnes à La Hague dans des hangars recouverts d’un toit de tôle). Cet effondrement du réacteur 4 est vraisemblablement la conséquence de l’incendie qui y a ravagé pendant plusieurs jours sans que la presse globaliste daigne mentionner quoi que ce soit de cet état de fait.
11 mai : Nouvelles fuites au réacteur 3. TEPCO vient de signaler une nouvelle fuite près du réacteur 3 de Fukushima-Daiichi avec des niveaux de césium-134 qui sont 620 000 fois supérieurs à la norme (37 000 becquerels/centimètre cube), des niveaux d’iode-131 qui sont 85 000 fois supérieurs à la norme (3400 becquerels/centimètre cube).
L’opérateur TEPCO signale une autre anomalie dans le système de refroidissement de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au Japon, nous apprend vendredi l’agence Kyodo. Le groupe japonais a repéré des dysfonctionnements au niveau d'une valve, utilisée pour injecter de l'eau dans les réacteurs en cas d'urgence.
Découverte de thé radioactif à Minamiashigara, situé à 300 km au sud de Fukushima. Le Wall Street Journal d’aujourd’hui rapporte la découverte de thé contaminé radioactivement à Minamiashigara (Préfecture de Kanagawa), contenant 570 becquerels de Césium par kilogramme. La Préfecture de Kanagawa a décidé de stopper toute exportation de thé en provenance de son territoire, et pas seulement de Minamiashigara.
12 mai : Disparition mystérieuse de toute l’eau du réacteur 1 de Fukushima. TEPCO vient d’informer qu’ils vont devoir réviser leur scénario d’ensevelissement du réacteur 1 sous l’eau. En effet, TEPCO a annoncé que le niveau d’eau dans l’enceinte de confinement est très bas. Quant au niveau d’eau de la cuve du réacteur, il est tellement bas que l’on peut dire qu’il n’y quasiment pas d’eau. Or, depuis 7 semaines, TEPCO a déversé de l’eau dans le réacteur n°1 à raison de 6 tonnes par heure, ce qui fait, en 7 semaines, 7056 tonnes d’eau. Et tout s’est volatilisé et TEPCO en est fort contrarié. Le cirque va-t-il durer encore longtemps ?
L'importance de l'annonce est à la mesure de l'ampleur de la crise : Naoto Kan, a déclaré, mardi 10 mai, qu'il renonçait à son salaire de premier ministre du Japon tant que la catastrophe nucléaire n'aurait pas pris fin à la centrale de Fukushima-Daiichi.
Les opérations en cours et à venir à Fukushima-Daiichi
Continuer à refroidir les réacteurs
Deux mois après l’accident à la centrale de Fukushima l’objectif premier reste le même : refroidir les combustibles des 4 premiers réacteurs.
"Actuellement, ce sont des pompes de fortune et des camions-citernes qui envoient de l'eau douce dans les cuves des cœurs et dans les piscines, à raison de 6 à 10 m3/h, afin d'abaisser leur température, explique Thierry Charles. L'objectif est de les remplacer par un système de refroidissement fonctionnant en circuit fermé, qui permettra de refroidir l'eau qui sort du réacteur pour la réinjecter directement dans le cœur. L'opérateur évitera ainsi les fuites d'eau contaminée à l'extérieur des réacteurs."
Aujourd’hui, une partie de l’eau injectée dans les cuves est perdue à cause de fuites dans les installations, tandis qu'une autre s'évapore. Conséquence : près de 90 000 tonnes d'eau fortement radioactive stagnent à divers endroits du site.
Gérer le risque d’explosion du réacteur
Les enceintes de confinement n'étant plus étanches depuis le 11 mars, l'air peut entrer dans le réacteur. Or, celui-ci contient aussi de l'hydrogène, produit par la dégradation des combustibles. Deux éléments susceptibles de déclencher une explosion s'ils interagissent dans des situations de confinement.
"Tepco s'emploie à constamment injecter de l'azote gazeux dans les réacteurs pour saturer leur atmosphère et empêcher l'air de pénétrer par les fuites", rapporte Thierry Charles.
Arrêter les rejets radioactifs
Le 15 mars, au plus fort des rejets radioactifs dans l'atmosphère, les doses de radiations atteignaient ainsi une centaine de millisieverts par heure, alors qu'elles oscillent aujourd'hui autour d'une centaine de microsieverts, soit des doses mille fois plus faibles.
Les opérations de décontamination ont par ailleurs permis d'abaisser la radioactivité du site. Entre 200 et 300 personnes travaillent ainsi à poser une résine sur le sol pour fixer les éléments radioactifs. "Ils enlèvent aussi méthodiquement les gravats et débris fortement irradiants disséminés autour des réacteurs, ajoute Thierry Charles. Ils ont par ailleurs colmaté les brèches et stoppé les fuites d'eau radioactives vers l'extérieur du site." Afin de protéger les opérations en cours, les salariés sont aussi en train de construire une digue de deux mètres de haut, comme rempart à un nouveau tsunami.
"Les opérations s'étendront sur vingt ans"
"On sort petit à petit de la phase critique mais la situation reste délicate", tempère Bruno Comby. L'ampleur des opérations à mener est en effet considérable. Une fois le nouveau système de refroidissement opérant, Tepco devra s'atteler au démantèlement des combustibles. Or, le site de Fukushima-Daiichi compte près de 25 cœurs de réacteurs, soit 2 500 tonnes d'uranium et de plutonium, répartis entre les cuves et les piscines. "Aux Etats-Unis, lors de l'accident de Three Mile Island, il a fallu douze ans pour enlever le combustible dégradé d'un réacteur. A Fukushima, avec au moins quatre réacteurs endommagés, les opérations s'étendront sur vingt ans minimum", estime Thierry Charles.
Autant de temps où les régions autour de la centrale pourront rester polluées. "Les taux de radioactivité ont beau s'être stabilisés, les sols, nappes phréatiques et aliments sont toujours fortement contaminés, même à une centaine de kilomètres du site", assure Corinne Castanier, directrice de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).
Contrairement à ce qui avait été fait à Tchernobyl en 1986, le Japon a évacué près de 80 000 personnes avant les premiers rejets radioactifs. Mais pour l'association, le périmètre de la zone interdite (20 km) reste insuffisant. "Dans les années à venir, déclare Corinne Castanier, nous craignons des conséquences pour la santé bien plus importantes que ce qu'affirme le gouvernement nippon."
Sources : Le Monde, Agoravox, Kokopelli




